Lucian Freud

par Shannah

Les modèles de Lucian Freud sont laids, gras, écoeurants. Ces corps suivent une période où le peintre était plutôt fin, et même surréaliste.

The Painter’s room, 1944

C’est à partir des années 1960 que son style se modifie. Entre temps, Freud s’est réfugié à Londres pour fuir le nazisme, et a étudié à la Central school of arts and crafts. Puis, il voyage.

Et il se met à peindre ces personnes lambda, ces corps peu attrayants. Le teint est brouillé, les membres dégoulinent, il peint les corps nus dans ce qu’ils ont de plus morbide et animal. Jambes écartées (homme et femme), voyeurisme de la laideur et de la simplicité… Même quand il peint Kate Moss, elle est difforme.

Kate Moss

Il aime également se peindre, comme ,il offre sur toile l’intimité la mieux cachée de ses modèles. Il s’exhibe. Autoportrait sur autoportrait, comme le plus fameux, après s’être fait casser la gueule par un chauffeur de taxi londonien. Freud ne cache rien de ses vices de forme, comme il ne cache rien de ceux des autres. Il aime à peindre dans sa saleté, le pauvre être humain…

Ce que Freud peint, c’est la chair. Ce que l’on cache le mieux, la totalité de l’enveloppe extérieure qui révèle l’intérieur. Et regarder tous ces tableaux de corps exhibés provoque un malaise.

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