Vera Kholodnaïa

par Shannah

Les photos de Vera Kholodnaïa parlent d’elle. En noir et blanc, le visage, le corps sont fiers, dédaigneux, superbes. Vera a quelque chose de tragique, et de mystique. Née en 1893 à Poltava, et morte en 1919 à Odessa (de la grippe espagnole; mais certains ont pensé à un empoisonnement, vengeance d’un amoureux éperdu ou des bolcheviks).

Présentée en 1915 à Yevgueni Bauer, Vera incarne parfaitement, pour le réalisateur, la beauté du Chant de l’amour triomphant. Après ce film, sa beauté et son charisme la font jouer dans une quarantaine de films, pour la majorité aujourd’hui perdus.

Ses rôles font d’elle une figure tragique, en continuité avec son image : son visage reflète la souffrance, ses yeux ont quelque chose d’une martyre, sa silhouette est dramatique, comme offerte au destin. Elle est la femme victime, victime de l’amour, des nerfs, de la société.

Sa carrière s’effondre, par la mort, alors que le cinéma russe explose. Quoique le cinéma dans lequel jouait Vera ne correspondait très probablement pas aux attentes propagandistes de Lénine, quand il a dit « Le cinéma est pour nous, de tous les arts, le plus important ». Les années 1920 voient la création du VGIK, la première école de cinéma de Moscou, les avants-gardes de Vertov, Koulechov, et le génie au service de la patrie d’Eisenstein.

Le cimetière d’Odessa, dans lequel elle reposait, a été transformé en parc en 1931. Pendant les travaux, la tombe de l’actrice a été détruite, et ses restes, perdus.

Plus de photos : http://fumeriedopium.tumblr.com/post/23111063719/vera-kholodnaia

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