« Vivre est ce qu’il y a de plus beau au monde, la plupart des gens existent, c’est tout. » Oscar Wilde

par Shannah

Encore une fois, j’emprunte à Oscar Wilde cette pensée que je trouve si juste. Entre être là et vivre, il y a un monde en effet; il y a le monde.

Qu’est-ce donc que vivre ? On ne peut poser une seule façon de vivre en modèle, en exemple. Vivre, c’est se chercher indéfiniment, car le je est insaisissable, trompé, moqueur, fou; il s’échappe, il nous nargue, il se perd, on le retrouve; et tout le temps se passe, pour une âme honnête et vraie, à justement chercher sa vérité. Courir après soi demande plus qu’une vie, c’est le mal des artistes, qui au-delà de la postérité et de la gloire, recherchent l’épuisement du mensonge et du faux dans leur être, afin que transparaisse enfin, en toute fin, dans l’oeuvre et dans l’homme, la vérité.

Exister, ce serait n’être que là. Prendre les jours, la vie quotidienne, les tâches et la distraction, et s’en contenter. Vivre demande plus, vivre a besoin d’un regard transcendant sur l’existence. Pour vivre, il faut avoir été désespéré. Un désespoir métaphysique, l’angoisse, le néant, tout ça plongeant l’âme dans le noir. Et l’âme éclaire faiblement ce trou noir, l’inconnu de l’existence et de l’être, de sa timide flamme, de sa timide ardeur.

Vivre c’est accepter le néant de soi et du monde, et s’épuiser jusqu’à la mort dans le but infini de dépasser cette double vacuité.

Ce dépassement n’a absolument aucune forme précise. Il réside dans la liberté, dans cette immense et minuscule liberté dont nous portons la croix.

Vivre, c’est tout accepter et tout refuser. La finitude, la naissance, la mort, le monde, la société, soi, les autres. C’est absorber le monde et en faire ce que l’on veut. C’est courir en vain après la vérité. C’est être possédé, fou, se consacrer à un don d’omniscience, vénérer l’ubiquité; se sentir Dieu et sentir le vide sous ses pieds.

Publicités