De l’inné et de l’acquis

par Shannah

Je me demande souvent si nous sommes tous égaux face à la vie. Je ne parle pas des divers évènements qui feront fléchir les jours tantôt du côté de la chance et tantôt de la malchance. Mais de la capacité de chacun à vivre, à réfléchir, à se réaliser à désirer, à agir. C’est une question très difficile et qui m’obsède quelque peu, ce depuis plusieurs années déjà. Petite, quand je voyais les gens avec qui j’avais malheureusement quelque lien (de voisinage, de camaraderie hypocrite, etc.), je me disais que non, nous ne sommes pas tous égaux. Egaux en quoi ? Dans l’intellect et la capacité à choisir. Voilà, est-ce qu’un gosse élevé en cité HLM est voué à ne rien faire de sa vie ? Non. J’ai pu observer que quand l’éducation est vraie, complète, quand elle met aussi devant les yeux de l’enfant la réalité sociale dans laquelle il est inclus, l’enfant, s’il est intelligent, fait tout pour s’en sortir. S’il est intelligent oui. Je mets de côté les cas extrêmes de la pure connerie (et Dieu sait qu’ils existent), et je considère des sujets dotés d’à peu près une intelligence moyenne –qui vaut ce qu’elle vaut.

Autre sujet. Un lycée huppé, de jeunes gens fort bien habillés et ayant de bons résultats. On apprend toujours toutes ses leçons, on les recrache quasi littéralement; et pourtant après le bac, le bilan est mitigé. Concours ratés dans les écoles que l’argent ne suffit pas à acheter- et ce malgré la prépa à 2000 euros l’année.

Je ne sais pas, il me semble qu’une forte part de notre existence est déterminée par notre essence. Et en même temps, je suis certaine que nous sommes des êtres à qui une certaine liberté permet de choisir, de penser… Je crois au génie, aux génies, aux êtres humains qui dépassent la pauvre condition qui souvent nous échut. Il y a de toute évidence une part d’inné, qui s’irrite avec « l’existence dégradante, fausse et creuse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose ». L’acquis, ce serait cela, cette révolte de l’être contre ce qui est donné à la naissance ou après. Cette faim et cette soif de toutes choses, afin de dépasser une condition immuable, effort peut-être pas vain.

Je pense que l’essence prédispose à l’existence. C’est peut-être chargé de foi, de mysticisme, je ne sais pas; mais c’est plus qu’un ressenti, une évidence quand je réfléchis à la vie de certains.

« Vivre est ce qu’il y a de plus beau au monde, la plupart des gens existent, c’est tout. »

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