Vivre sa vie

par Shannah

Nana est vendeuse dans une boutique de disques, mais a horriblement besoin d’argent. Elle rêve de devenir actrice, mais ses maigres efforts restent vains. L’homme qu’elle fréquente profite d’elle et l’ennuie. Nana, on ne sait trop pourquoi – et elle non plus-, décide de se prostituer. Vivre sa vie est le premier film de Godard que j’ai vu. Une « histoire en douze tableaux » sortie en 1962, en noir et blanc, avec dans le rôle de la prostituée au carré court Anna Karina. Un film dont se dégage avant tout l’ennui et la mélancolie. Il suffit de se plonger dans les yeux de Nana, qui affronte toute cette violence presque sans hausser les sourcils, seul son regard se perd de plus en plus loin. Nana reçoit les clients dans sa chambre d’hôtels avec sympathie, toujours enveloppée dans la fumée de sa cigarette; arrangeant inlassablement son rouge à lèvres.

Nana va au cinéma, voir La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer, et les deux figures et regards de martyrs se confondent à l’écran. Nana accepte son calvaire. Et puis, elle est optimiste : elle se dit responsable, et décide de trouver la vie belle. Elle rencontre un homme, qui la dirige dans sa petite entreprise; qui la perdra aussi. Et puis un autre, jeune, au regard aussi lointain, avec qui elle lit et aimer. Nana rencontre Brice Parain dans un café, à qui elle confie qu’elle n’arrive pas à communiquer et à s’extérioriser.

L’histoire de Nana se finit mal, mais l’on s’y attendait. Vivre sa vie est un film puissant, les images se dépassent elles-mêmes, les plans révèlent les personnages; et Anna Karina, bien que se trouvant ‘enlaidie’ par sa coupe de cheveux, fait plus qu’honneur au rôle offert par Godard.

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