Ambiance fin de siècle

par Shannah

Nous sommes au début d’un siècle, bien mal commencé. Je me mets à rêver de décadence, d’une décadence noble, élevée; à l’opposé de ce manège pseudo indigné, de rebel with a cause (ladite cause = consommer).

Thomas Couture, 1847

Nous sommes en 2012, mais la tension est telle que l’on se croirait à la fin d’une ère dramatique. C’est d’ailleurs le cas, nous avons passé le XX ème siècle, le XXème siècle belliqueux, en crise, honteux et inhumain.

Mais aujourd’hui ?

Des crises économiques, politiques, des massacres, toujours. « Sous le soleil, rien de nouveau ».

Pas d’innovation culturelles (oh si, Facebook excusez-moi !! ), littéraires, musicales; plus le scandale des existentialistes, des querelles élevées entre hommes de génie; d’hommes faisant le choix de s’engager (ne me parler pas de BHL, pitié).

Un XXème siècle immense et cruel, qui, après son passage, a laissé le monde perdu. Alors, continuons sur ce qui semble plaire aux gens : consommer. On dirait que cette ère de la consommation, du $$, a amené avec elle l’avènement des écoles de commerce; et un certain mépris pour les Humanités (« mais ça rapporte rien, de faire Lettres/philo/histoire).

Alors, un sentiment de fin de siècle, comme à la fin du XIXème, où tout le paysage français est déprimant, triste, révoltant. Sauf qu’aujourd’hui, nous sommes au début d’un siècle, et que faire ?

C’est comme un spleen, une mélancolie chez certains, de temps qu’ils n’ont connus que dans les livres. Que dans des figures héroïques. De temps enterrés. Que l’on voudrait faire revivre. Aller au Flore ou aux Deux Magots; traîner à Saint Germain. Une décadence qui enrichit et nourrit, et qui crée un siècle, le sien, dont nous serions les acteurs et les auteurs.

Et aujourd’hui, je ne veux pas penser qu’à l’argent, je ne veux pas me perdre dans une destinée basse et vulgaire que l’on tente de nous imposer, je ne veux pas me retrouver dans des hommes et des femmes que je méprise. Je ne veux pas me contenter de connaître les cours de la bourse, et ce qui est hype à Paris, et où sortir pour être sur SayWho, et me mentir pour être ce qu’une société trahie voudrait voir.

« Il est des moments où il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l’existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose. » (Oscar Wilde). Il faut avoir l’égoïsme de choisir, l’audace de vouloir se trouver. Pour créer, n’est-ce-pas… créer une vie, même sans oeuvres.

C’est ce qui ne me quitte pas quand je lis, quand je regarde un tableau de Cabanel,  écoute une belle musique… simplement, cette audace sans nom, ce scandale fait à la médiocrité humaine; ce refus et cette acceptation, ce retrait du monde et ce don de soi à tous…

Et, peu importe que l’on soit en 2012, justement, il faudra créer une expression autre que « fin de siècle ».

« Numquam se plus agere quam nihil cum ageret, numquam minus solum esse quam cum solus esset ». 

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